ONEM : fabrique de losers / Soirée annulée!

Attention – la soirée débat annoncée pour ce 13 octobre n’aura pas lieu (hélas…)!

(Tactiquement ou socialement, celui qui désigne le loser désigne aussi les conditions et les termes de la réussite et de l’échec. C’est en ces termes que nous pensons identifier l’ONEm comme une fabrique de losers, condamnant les cohortes de chômeurs à chercher (vouloir) un emploi qu’ils ne trouveront pas (échec).)

 

“Una vita difficile” de Dino Risi / 1961 / Italie / 118 min

Cycle Loser #5

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Fleuron de la comédie à l’italienne, ce film joue un rôle important dans cette envie de programmation. Alberto Sordi incarne le type-même du gars qui veut le beurre et l’argent du beurre, et qui n’aura rien… Militant et engagé, il ne veut pourtant renoncer aux envies de confort matériel et conjugal, et d’échecs en échecs, c’est de l’histoire d’Italie dont il est question finalement. Hilarant, bouleversant, délicieux.

OUVERTURE 20H00 // FILM 20H30 // PAF 1 EURO

“Salesman” des frères Maysles et C. Zwerin / 1968 / USA / 85min

Cycle Loser #4

salesman

«Salesman c’est le titre du documentaire réalisé en 1969 par les frères Maysles sur un métier qu’ils connaissent bien pour l’avoir pratiqué: le porte à porte ici appliqué, par un quatuor de bonimenteurs tout terrain, à la vente de bibles vaticanes illustrées aux pauvres ménagères abandonnées si non du Dieu chrétien, du Dieu Dollar. Montrant l’Amérique non pas du côté jardin mais du côté cour, Salesman n’est pas une « success story ». De bagnole en motel, de valise en drugstore –  « Et toi, combien t’as fait aujourd’hui ? » – les raids de ces drôles de paroissiens sur les foyers catholiques périphériques dépassent en risible et en pathétique les mésaventures des héros Jarmuschiens de Stranger than Paradise. C’est que Paul et les autres (« l’embobineur, le lapin et le taureau ») sont lesté du poids de la survie : perdants d’avance au pays des self-made men et des winners, ils doivent y croire ou faire comme si, et Paul, rongé, usé à de plus en plus de mal. Moitié arnaqueurs, surtout loosers, no héros croient-ils vraiment gagner ainsi leur paradis, celui de de leur famille ou celui de leurs victimes ? Ils tentent de s’en persuader en tous cas, comme ils s’efforcent de croire, en bon petits soldats à l’intérêt théologique (sonnant et trébuchant) de leur mission prêchée avec vigueur à la convention annuelle par leur Saint patron.»

Extrait du livre “Épreuve du réel à l’écran” de François Niney
Essai sur le principe de réalité documentaire,Bruxelles, De Boeck Université, 2000.

OUVERTURE 20H00 // FILM 20H30 // PAF 1 EURO

 

CONCERTS “Croisière Dolori” et “Sublimabim” + DJ Henri Death

Il y a des musiciens insatiables qui cherchent sans cesse de nouvelles formules, une autre sonorité, un autre univers. A chaque nouveau projet on bat les cartes, on prend les mêmes et on recommence. C’est peut être ce qui lie le programme de cette soirée et nos invités, éternels aventureux de musique en hors pistes.

LesCroisières Dolori font escale à Liège où ils avaient déjà fait étape il y a quelques annéessous le nom de « The Dreams ». Même si leur univers cold-wave résonne toujours avec leur horizon musical, on s’attend ici à une invitation au bal du capitaine sur le grand pont de la chaloupe de sauvetage: Deux filles aux claquettes, un tromboniste sur lit de rototoms et percussions, des chants yaourts nappés de synthétiseur, quelques paillettes blues et un ronron de basses analogiques parfumées de no­wave, de vent d’Est.

Mais avant toute chose l’incontournable Volauvent, de Liège, vient nous dévoiler son dernier projet Sublimabim avec le saxophoniste Bertrand Lamalle. Pour reprendre leur mots: deux tourmentés vieillissants qui, fatigués de se pencher sur l’horreur des choses prenne le large vers une douceur et une beauté tout aussi extrême. Rayons de couché du soleil à travers le hublot, bain bulles en cabine ou bain de vent sur la proue on largue les amarres dés 21h00.

Une soirée en haute mer agrémentée par DJ Henri Death.

ouverture 20H00 // concerts 21H00 // entrée 6 euros

Adieu Poulet

Cycle Loser #3

Adieu Poulet
de Pierre Granier-Deferre / 1975 / France / 93 min.
avec Lino Ventura, Patrick Dewaere, Victor Lanoux, Claude Rich…

Deux poulets en croisade contre un politicien pourri. La belle affaire!… Le commissaire Verjeat, pourtant solide (c’est Ventura) et son inspecteur plus fantasque (c’est Dewaere) ont le plus grand mal à faire la lumière sur un double meurtre survenu lors d’une bagarre entre colleurs d’affiches, en pleine campagne électorale. Entre les protections dont s’entoure le candidat Lardatte et les tentations auxquels ils sont soumis, ces deux-là n’ont bientôt plus que leurs dents pour s’attaquer aux dessous nauséabonds du cirque électoral.

Un policier caractéristique du cinéma politique des années ’70, et une histoire qui nous a paru emblématique de bien des causes perdues. Don Quichote était un loser, et nous aussi, avec nos militances, nos révoltes, nos espoirs et nos forces dérisoires. Mais qu’il soit flic ou voyou, celui qui se jette avec ténacité contre des murs finit par faire de belles étincelles pour qui veut bien les voir; et s’il en repart tout cabossé, voire définitivement foutu, il peut garder la consolation d’avoir quelque peu effrité la maçonnerie.

Voici donc encore un coup bien troussé et sans bavure de Pierre Granier-Deferre, où l’on voit que dans la rousse aussi, les plus nobles sont souvent les perdants, et vice-versa.

OUVERTURE 20H00 // FILM 20H30 // PAF 1 EURO

Une projection dans le cadre du festival Contre/bandes

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“Chronique courtisane” de Géraldine Jonckers / 2015 / Belgique   / 67min

Dédée exerce le métier de prostituée depuis plus de 40 ans. À la vitrine de sa carrée, 7 jours sur 7, elle attend le client… Mais la maison où elle travaille est mise en vente. Alors qu’elle va bientôt devoir quitter les lieux, Dédée continue d’exercer son métier jusqu’au bout avec fierté, humour et dignité. La lose pour la loose… une certaine forme de détente, de relâchement.

“Gummo” de Harmony Korin / 1997 / USA / 95 min

Cycle Loser #2

gummo

Scénariste du Kids de Larry Clark, réalisateur de films/clips (dont le mythique Sunday de Sonic Youth), romancier, photographe et parolier (pour Ben Lee), Harmony Korine aime la matière, l’impureté et le mélange des supports. Avec Gummo, il développe un état du bonheur adolescent assez… particulier tout en posant dans la durée cette incroyable question : “Qu’est-ce qui peut (encore) arriver ?” A elle seule, cette question à multiples réponses justifie l’intégralité de cette esthétique décousue, inachevée, temporisée par l’élocution défoncée d’adolescents mal finis et lui confère une place particulière au sein de notre programmation thématique.

OUVERTURE 20H00 // FILM 20H30 // PAF 1 EURO

La ruée vers l’or de Charles Chaplin, USA (1925), 82 min

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Cinéclub LIVE SOUNDTRACK

Il veut de l’or, et ça ne marche pas comme il veut, il veut la fille, et elle le plante… Le burlesque de Chaplin comme expression supérieure de la lose : tomber, se tromper, et néanmoins vouloir encore et encore. La lutte pour la survie d’un loser innocent et sublime. Le happy end (il trouve l’or) n’est qu’anecdotique, et Chaplin reste un grand modèle de loser au cinéma. Un sommet du cinéma en général. Mis en musique live…

Portes : 20h – Projection : 20h30
PAF : 1 euro: