“Muriel” de Paul John Hogan / 1997 / Australie/ 110 min

Cycle Loser #8

murielle“Fuck the world, je suis grosse et peut-être laide, mais moi au moins, je ne passe pas mon temps à me moquer des autres, et je m’éclate. Mettez-moi du ABBA et je vous dirai qui je suis” C’est ce qu’elle déclare, Muriel, issue d’une famille clichée, d’une mère ménagère modèle, qui ne bronche mot vis à vis du père, self made man, qui baratine et se montre en public avec sa maîtresse, et ces frères et sœurs, collés au canapé devant la télé. Et tout ça, sur fond d’ABBA.

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“Le Schpountz” de Marcel Pagnol / 1938 / France / 122 min

Cycle Loser #7

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Le Schpountz, le dindon, le fada, le jobastre, celui par qui le tragique devient source de rire, c’est Irénée Fabre, naïf et pétulant épicier de village auquel une équipe de cinéma en campagne fait malicieusement miroiter une carrière de vedette.

Basé sur des faits survenus lors du tournage d’ Angèle, et tourné en parallèle à Regain, Le Schpountz met en perspective et en abîme de manière parfaitement vertigineuse notre programmation sur les losers au cinéma. Car voici l’histoire, au cinéma, d’un loser au cinéma.

Avec un Fernandel encore jeune et frais, et tout le talent d’une époque où le cinéma était avant tout un cinéma d’acteurs, c’est surtout un petit bijou pagnolesque aux dialogues comme toujours cousus d’or.

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“De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites” de Paul Newman / USA / 1972 / 100 min

Cycle Loser #6

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Ce film nous raconte l’histoire de Béatrice Hunsdorfer, veuve, qui élève seule ses deux filles, Ruth et Matilda dans une banlieue. Ruth, jeune fille rebelle, est à l’opposé de Matilda, jeune fille studieuse qui s’abrite dans une passion pour la science. Personnage instable et inadapté socialement, tantôt gaie, tantôt déprimée, Béatrice poursuit un rêve: celui d’ouvrir un café de quartier, pour y vendre du gâteau et subvenir aux besoins de la famille. Les obstacles sont multiples et tout au long du film on est pris par les tensions qui surgissent des événements et qui règnent entre les personnages. On assiste à un drame magnifiquement portée par Joanne Woodward, dans un décor américain qui frôle l’univers du “white trash”. On n’en sort pas indifférent.

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“Una vita difficile” de Dino Risi / 1961 / Italie / 118 min

Cycle Loser #5

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Fleuron de la comédie à l’italienne, ce film joue un rôle important dans cette envie de programmation. Alberto Sordi incarne le type-même du gars qui veut le beurre et l’argent du beurre, et qui n’aura rien… Militant et engagé, il ne veut pourtant renoncer aux envies de confort matériel et conjugal, et d’échecs en échecs, c’est de l’histoire d’Italie dont il est question finalement. Hilarant, bouleversant, délicieux.

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“Salesman” des frères Maysles et C. Zwerin / 1968 / USA / 85min

Cycle Loser #4

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«Salesman c’est le titre du documentaire réalisé en 1969 par les frères Maysles sur un métier qu’ils connaissent bien pour l’avoir pratiqué: le porte à porte ici appliqué, par un quatuor de bonimenteurs tout terrain, à la vente de bibles vaticanes illustrées aux pauvres ménagères abandonnées si non du Dieu chrétien, du Dieu Dollar. Montrant l’Amérique non pas du côté jardin mais du côté cour, Salesman n’est pas une « success story ». De bagnole en motel, de valise en drugstore –  « Et toi, combien t’as fait aujourd’hui ? » – les raids de ces drôles de paroissiens sur les foyers catholiques périphériques dépassent en risible et en pathétique les mésaventures des héros Jarmuschiens de Stranger than Paradise. C’est que Paul et les autres (« l’embobineur, le lapin et le taureau ») sont lesté du poids de la survie : perdants d’avance au pays des self-made men et des winners, ils doivent y croire ou faire comme si, et Paul, rongé, usé à de plus en plus de mal. Moitié arnaqueurs, surtout loosers, no héros croient-ils vraiment gagner ainsi leur paradis, celui de de leur famille ou celui de leurs victimes ? Ils tentent de s’en persuader en tous cas, comme ils s’efforcent de croire, en bon petits soldats à l’intérêt théologique (sonnant et trébuchant) de leur mission prêchée avec vigueur à la convention annuelle par leur Saint patron.»

Extrait du livre “Épreuve du réel à l’écran” de François Niney
Essai sur le principe de réalité documentaire,Bruxelles, De Boeck Université, 2000.

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Adieu Poulet

Cycle Loser #3

Adieu Poulet
de Pierre Granier-Deferre / 1975 / France / 93 min.
avec Lino Ventura, Patrick Dewaere, Victor Lanoux, Claude Rich…

Deux poulets en croisade contre un politicien pourri. La belle affaire!… Le commissaire Verjeat, pourtant solide (c’est Ventura) et son inspecteur plus fantasque (c’est Dewaere) ont le plus grand mal à faire la lumière sur un double meurtre survenu lors d’une bagarre entre colleurs d’affiches, en pleine campagne électorale. Entre les protections dont s’entoure le candidat Lardatte et les tentations auxquels ils sont soumis, ces deux-là n’ont bientôt plus que leurs dents pour s’attaquer aux dessous nauséabonds du cirque électoral.

Un policier caractéristique du cinéma politique des années ’70, et une histoire qui nous a paru emblématique de bien des causes perdues. Don Quichote était un loser, et nous aussi, avec nos militances, nos révoltes, nos espoirs et nos forces dérisoires. Mais qu’il soit flic ou voyou, celui qui se jette avec ténacité contre des murs finit par faire de belles étincelles pour qui veut bien les voir; et s’il en repart tout cabossé, voire définitivement foutu, il peut garder la consolation d’avoir quelque peu effrité la maçonnerie.

Voici donc encore un coup bien troussé et sans bavure de Pierre Granier-Deferre, où l’on voit que dans la rousse aussi, les plus nobles sont souvent les perdants, et vice-versa.

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“Gummo” de Harmony Korin / 1997 / USA / 95 min

Cycle Loser #2

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Scénariste du Kids de Larry Clark, réalisateur de films/clips (dont le mythique Sunday de Sonic Youth), romancier, photographe et parolier (pour Ben Lee), Harmony Korine aime la matière, l’impureté et le mélange des supports. Avec Gummo, il développe un état du bonheur adolescent assez… particulier tout en posant dans la durée cette incroyable question : “Qu’est-ce qui peut (encore) arriver ?” A elle seule, cette question à multiples réponses justifie l’intégralité de cette esthétique décousue, inachevée, temporisée par l’élocution défoncée d’adolescents mal finis et lui confère une place particulière au sein de notre programmation thématique.

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La ruée vers l’or de Charles Chaplin, USA (1925), 82 min

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Cinéclub LIVE SOUNDTRACK

Il veut de l’or, et ça ne marche pas comme il veut, il veut la fille, et elle le plante… Le burlesque de Chaplin comme expression supérieure de la lose : tomber, se tromper, et néanmoins vouloir encore et encore. La lutte pour la survie d’un loser innocent et sublime. Le happy end (il trouve l’or) n’est qu’anecdotique, et Chaplin reste un grand modèle de loser au cinéma. Un sommet du cinéma en général. Mis en musique live…

Portes : 20h – Projection : 20h30
PAF : 1 euro: