McCabe and Mrs Miller de Robert Altman

Western crépusculaire avec Warren Beatty et Julie Christie

Musique : Léonard Cohen
Etats-unis – 1971 – 120′

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Le mouvement communément appelé « Le Nouvel Hollywood » a vu naître de nombreux westerns qui, bien que parfois très différents, avaient souvent une volonté en commun, celle de proposer une vision de l’ouest américain en rupture avec celle correspondant à la plupart des westerns dits « classiques ». Une vision souvent plus réaliste et plus critique (quoique les westerns des années 40-50 sont loin d’être tous simplistes et stéréotypés), où le mal n’est plus uniquement représenté par les indiens ou les hors-la-loi, mais aussi – et même davantage – par le pouvoir et les riches propriétaires. Le « héros » n’est plus le cowboy courageux et honnête, il est tour à tour voleur de chevaux (comme Jack Nicholson dans The Missouri Breaks), braqueur de banque (les membres de La Horde Sauvage, Sundance et Butch Cassidy dans Butch Cassidy et le Kid), shérif blasé et résigné (James Coburn dans Pat Garrett et Billy the Kid), et surtout plus humain, moins parfait, à l’image de ce simple homme d’affaires incarné par Warren Beatty dans John McCabe. Ses vêtements sont sales, il boit à outrance, n’aime pas prendre un bain et erre dans un monde dominé par la pauvreté et régi par de puissants propriétaires peu scrupuleux.

Altman prend le parti du réalisme et nous dépeint un ouest américain particulièrement crédible. Des décors et des personnages émanent une admirable authenticité ; le scénario, d’une grande sobriété, évite toute forme de spectaculaire et de dramatisation, privilégiant la qualité de la reconstitution, le discours politique et la psychologie des personnages, tandis que Altman et le directeur de la photographie Vilmos Zsigmond (grand chef opérateur qui travailla notamment sur Blow Out, Images, La Porte du paradis) composent des images picturales dont la dimension mélancolique est soulignée par les chansons de Leonard Cohen, très souvent utilisées dans le film, et qui ont probablement influencé son montage. Mélancolique, car si John McCabetémoigne d’une sympathie évidente du réalisateur envers ses personnages (principaux comme secondaires, à l’image de ce jeune cowboy qui déclare lui-même ne pas savoir tirer, avant de se faire froidement abattre par l’un des tueurs envoyés par la compagnie minière) et envers leur motivation commune – celle de survivre dans un environnement difficile – il jette un regard critique et désabusé sur une Amérique du début du 20ème siècle qui voit s’instaurer l’emprise violente des puissants, des riches hommes d’affaires, au dépend de l’individu et de sa liberté, et de certaines valeurs intrinsèques à l’histoire de l’Amérique.

John McCabe est l’un des westerns majeurs des années 70. Réaliste, désabusé, pessimiste et empreint de mélancolie, ce film est sans conteste l’un des meilleurs de son auteur

textes extraits de citizenpoulpe.com. Chronique complète ICI

 

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